Coaching des étudiants

Problématique scolaire

Les particularités de fonctionnement des jeunes HPI peuvent engendrer des difficultés d’adaptation aux exigences du système scolaire. En voici quelques illustrations: le jeune HPI ne partage pas les mêmes implicites que ceux impliqués par une pensée logique ou linéaire privilégiée par le système scolaire. Il a du mal à sélectionner les informations pertinentes. Son mode de pensée ne lui permet pas d’accéder de façon consciente au mode de raisonnement séquentiel privilégié à l’école.


Ce sont vraisemblablement essentiellement les adolescents HPI à profil complexe qui vont être confrontés à des difficultés scolaires voire être en échec. Ces difficultés peuvent être dues à plusieurs causes qui sont d’ailleurs parfois intriquées (Siaud-Facchin, 2002 ; Ada et Catroux, 2003 ; Siaud-Facchin, 2008 ; Revol, 2011).


La pensée en arborescence ne permet pas l’accès au mode de raisonnement de manière consciente et de partager le même implicite (résultat attendu) que la pensée linéaire. Ainsi, alors que le type de résultat attendu est clair pour le professeur et les autres élèves de la classe, le jeune HPI ne comprend pas ce qu’on lui demande, donne une réponse hors sujet ou encore répond qu’il ne sait pas.


Le mode séquentiel est celui sur lequel fonctionne le système scolaire. De par son mode de pensée en arborescence, l’enfant HPI ne possède pas naturellement la faculté d’organiser ses pensées de façon séquentielle. Par conséquent, certains enfants HPI se sentent décalés et sont incompris par les enseignants. Si par exemple l’enseignant pose un problème comportant des additions et des soustractions, l’enfant HPI pourra annoncer immédiatement la réponse sans donner aucune explication sur sa méthode de calcul. Si on lui demande comment il a trouvé, il sera incapable de l’expliquer et répondra qu’il savait, tout simplement. Ce qui vraisemblablement lui vaudra une mauvaise note et la conclusion que cet enfant n’a rien compris alors qu’il n’a tout simplement pas assimilé la méthode séquentielle de résolution des problèmes proposée par le système scolaire. De la même manière, pour la rédaction d’un texte racontant ses vacances, alors que l’enfant classique déroulera une anecdote comportant un début, un milieu et une fin, l’enfant HPI se perdra dans ses pensées et ses souvenirs, chaque réflexion en amenant une autre, et se retrouvera hors-sujet.


Les enfants HPI ont également une pensée divergente (Revol, 2014) et font preuve de créativité lorsqu’ils découvrent par eux-mêmes les règles et les gestes techniques qui permettent d’exceller dans un domaine avec un minimum d’aide de la part des adultes. A l’inverse, ils se retrouvent en difficulté face aux contraintes et à la routine du quotidien scolaire. Leur difficulté à accepter les tâches jugées inutiles ou répétitives (recopier, apprendre par cœur) peut devenir problématique. Ils ont d’autre part préférentiellement un traitement global et simultané de l’information. Les particularités physiologiques du cerveau et le fait qu’ils utilisent davantage leur mémoire épisodique, conduisent à une pensée plus rapide et intuitive. Ce fonctionnement peut paradoxalement être source de difficultés comme l’ennui provenant d’un rythme d’acquisition très rapide et d’une mémoire parfois exceptionnelle. L’enfant comprend trop vite et peut être premier de la classe sans jamais avoir ouvert un livre scolaire. Il peut se déconcentrer, ce qui peut entraîner une démotivation et un manque d’intérêt. Ce dernier peut induire des troubles de l’attention, de l’hyperactivité et des troubles anxieux. L’absence de méthode face à l’effort, conséquence de la capacité du jeune HPI à comprendre vite peut dès le cycle d’orientation le desservir dans ses apprentissages. En effet, étant donné qu’il n’a pas besoin de fournir un effort ou de mettre en œuvre des stratégies, des méthodes et des réflexions pour trouver la bonne réponse, il peut par exemple être dans l’impossibilité d'accéder aux stratégies utilisées lors de la résolution d'un problème.


Pour coordonner les idées, établir des comparaisons, faire des déductions, le jeune HPI a un besoin vital de sens et de tout comprendre. Il est parfois compliqué pour lui de comprendre l’intérêt d’étudier une notion pour laquelle il ne voit pas d’application pratique. A contrario, il peut ressentir une frustration d’être contraint dans le cadre scolaire à « survoler » une notion qu’il souhaiterait approfondir. Par ailleurs, ce mécanisme préférentiel de pensée analogique met le jeune HPI aux prises avec une difficulté de planification et d’anticipation. Ce phénomène s’explique probablement par le caractère non chronologique de la pensée en arborescence par opposition au processus de planification.


D’autres difficultés peuvent découler de certaines attitudes de l’environnement qui ne prennent pas en compte les besoins spécifiques de ces élèves. Certaines filles HPI développent par exemple une suradaptation aux attentes scolaires. Cette suradaptation peut porter atteinte à l’estime de soi et à la confiance en soi. D’une façon plus générale, les jeunes HPI sont souvent hypersensibles et leur investissement scolaire est dépendant du rapport affectif établi avec les enseignants. Enfin, certains comportements de la part des professeurs, tels le refus d’interroger un élève qui a réponse à tout ou la stigmatisation de ses points faibles, peuvent freiner l’investissement scolaire de l’élève HPI. Celui-ci au mieux se contentera de satisfaire la demande et n’exploitera pas ses compétences. Dans le pire des cas, il se désengagera de sa scolarité.


Ada A., Catroux H. (2003) L’enfant doué – L’intelligence réconciliée. Paris : Odile Jacob.

Revol O. (2014) Comprendre le traitement des informations par le cerveau. http://sciencespourtous.univ-lyon1.fr/les-enfants-precoces-cerveau-different.

Siaud-Facchin J. (2002)  L’enfant surdoué : l’aider à grandir, l’aider à réussir. Paris : Odile Jacob.

Siaud-Facchin J. (2008) Trop intelligent pour être heureux ? L’adulte surdoué. Paris : Odile Jacob.





  


Environ 75% des enfants et adolescents précoces ressentent un mal-être psychique qui les perturbe et entraine une mauvaise adaptation à leur environnement (précarité relationnelle ou scolaire, rupture familiale de type socio-pathologique ou échec scolaire) (Chamont, 2002). Une étude menée auprès de 145 enfants HPI suivis pendant une période de 10 à 20 ans et publiée dans « le quotidien du médecin » du 22/02/1999, montre que 43% ont atteint le niveau BEP ou CAP, 9% se sont arrêtés au bac et 40% ont atteint ou dépassé le niveau bac + 2. Si l’on se focalise sur la tranche des 12-18 ans, l’échec scolaire peut donc concerner jusqu’à 50% des jeunes HPI (ASEP, 2001). Ce qui montre que « haut potentiel » ne rime pas forcément avec études supérieures.


ASEP (2001) Enfant à haut potentiel intellectuel : du dépistage aux reconnaissances dans la famille et à l’école. ) Compte-rendu du 2ème Congrès de l’ASEP.

Chamont P. (2002) Identification des enfants intellectuellement précoces. De l’information à la pratique : Connaître pour comprendre et reconnaître pour apaiser. n : conférence donnée à l’intention de l’ensemble du personnel de la communauté éducative de l’académie de Toulouse.




  

Difficultés d'adaptation au système scolaire

Type 3 – L’élève effacé





Cet élève refuse d’admettre ses talents parce qu’il veut être accepté par les autres. Souvent, il s’agit d’une fille en fin d’études primaires ou en début d’études secondaires particulièrement soucieuse de s’intégrer. Cet élève relève volontiers des défis mais manque d’assurance, est frustré et a souvent une mauvaise estime de soi.


  

Type 5 – L’élève à double étiquette



Malgré ses possibilités élevées, cet élève connait soit des troubles d’apprentissage, soit des troubles affectifs. En général, il produit du travail de qualité inférieure ou incomplet parce que l’échec peut représenter pour lui une source d’anxiété. Souvent, il adopte des comportements perturbateurs et n’est considéré que comme un élève moyen. Il est tendu, frustré, découragé, voire désespéré.










  

6 profils d'élèves HPI


  

Type 5 – L’élève à double étiquette




Malgré ses possibilités élevées, cet élève connait soit des troubles d’apprentissage, soit des troubles affectifs. En général, il produit du travail de qualité inférieure ou incomplet parce que l’échec peut représenter pour lui une source d’anxiété. Souvent, il adopte des comportements perturbateurs et n’est considéré que comme un élève moyen. Il est tendu, frustré, découragé, voire désespéré.



  

Type 1 – L’élève qui réussit bien




Cet élève apprend bien et obtient de très bons résultats aux tests d’intelligence. Il recherche ardemment l’approbation des personnes qui jouent un rôle dans sa vie, se montre conformiste, peu affirmé et perfectionniste. Il lui arrive rarement d’éprouver des troubles du comportement à l’école.



  

Type 2 – L’élève hardi et divergent




Cet élève est extrêmement créatif. Toutefois, il peut sembler obstiné, manquer de tact ou être sarcastique. Il ne se conforme pas au système scolaire. Souvent ses interactions peuvent être source de conflits, car il a tendance à corriger les adultes, à mettre en doute les règles, à difficilement maîtriser ses émotions et à défendre ses convictions, tant à l’école qu’à la maison.









  

Type 4 – L’élève décrocheur





Cet élève en veut aux adultes, à la société et à lui-même, car il estime que le système n’a pas su répondre à ses besoins depuis un certain nombre d’années. Il a une mauvaise estime de soi, se sent rejeté, est souvent amer et éprouve de la rancœur. Il peut s’agir d’un élève qui dérange et profite des autres ou, au contraire, d’un élève effacé. Il ne fait pas ses travaux scolaires, les résultats et le rendement scolaire ne sont pas uniformes et il donne l’impression de posséder des aptitudes moyennes ou inférieures.








  

Type 6 – L’élève autonome




Cet élève est enthousiaste et sûr de lui. Il a soif de connaissances et se montre avide d’apprendre (motivation intrinsèque). Il a une image de soi favorable et il a confiance en ses capacités. Il accepte l’échec. Il est conscient qu’il a du pouvoir. Il travaille de façon indépendante. Il est persévérant. Il se crée des défis à court et à long terme. Il prend même des risques. Cet élève sait exprimer ses besoins et ses sentiments. Il poursuit ses passions et défend ses convictions. Il est reconnu pour ses aptitudes et accepté par ses parents et ses enseignants. Il a de bonnes relations avec ses camarades et influence les autres d’une manière positive.









  

L’accompagnement des élèves vu par l’Education Nationale



Selon la définition du Ministère de l’Education Nationale, il convient de distinguer le soutien scolaire de l’accompagnement à la scolarité. Le soutien scolaire est dispensé dans le cadre de l’école et dans le temps scolaire par les enseignants. Le soutien scolaire au sein des établissements est défini par une aide aux devoirs et aux leçons permettant aux élèves d’approfondir le travail fait en classe, de réaliser les devoirs demandés par les enseignants et de trouver une aide méthodologique si nécessaire.


En 1992, dix ministères et secrétariats d’État, trois grands organismes d’État et 35 associations ont élaboré et signé une Charte de l’accompagnement scolaire. Ce texte définissait l’accompagnement scolaire comme « l’ensemble des actions visant à offrir, aux côtés de l’école, l’appui et les ressources dont les enfants ont besoin pour leur réussite scolaire, appui qu’ils ne trouvent pas dans leur environnement familial et social.». Cette définition semblait d’autant plus pertinente que le texte précisait : « L’accompagnement scolaire ne se pose pas en alternative à l’École. Au contraire, il reconnaît son rôle central, quand il se propose de fournir aux jeunes des méthodes, des approches, des relations susceptibles de faciliter l’acquisition des savoirs ; d’élargir les centres d’intérêts des enfants et adolescents, de promouvoir leur apprentissage de la citoyenneté par une ouverture sur les ressources culturelles, sociales et économiques de la ville ou de l’environnement proche ; et de valoriser leurs acquis afin de renforcer leur autonomie personnelle et leurs capacités de vie collective ».


Le concept d’accompagnement scolaire de 1992 a ensuite été remplacé par celui d’accompagnement à la scolarité qui apparaît dans le texte de la Charte nationale de l’accompagnement à la scolarité de 2001. Cinq ministres (Éducation nationale, Famille, Emploi et solidarité, Jeunesse et sports et Ville) cosignent alors, avec le Fonds d’action sociale et la Caisse nationale des allocations familiales, un nouveau texte. La Charte nationale de l’accompagnement à la scolarité, sans refuser les actions d’aide aux devoirs, insiste sur la nécessité de ne pas se contenter d’une proximité des activités scolaires, dont l’initiative doit rester aux enseignants, et d’accompagner non pas la scolarité (ce que devraient pouvoir faire les études surveillées) mais à la scolarité, ce qui prend place dans tous les moments de la vie de l’enfant.





  

Les mesures proposées par l’Education Nationale dans le cas des élèves HPI




En théorie, depuis la rentrée 2002, l’Education Nationale prévoit un cadre général pour la scolarisation des élèves HPI. Ainsi, plusieurs textes spécifiques font référence à leur repérage et à leur scolarisation. Les circulaires n° 2009-168 du 12 novembre 2009 et n° 2013-060 du 11 avril 2013 prévoient un module de formation qui est mis à la disposition des enseignants accueillant dans leur classe un enfant HPI. La circulaire n° 2007-158 du 17 octobre 2007 et l’Article L321-4 du code de l'éducation prévoient pour les élèves HPI des aménagements particuliers et des actions de soutien afin de leur permettre de développer pleinement leurs potentialités.


La mise en place d’un programme personnalisé de réussite éducative (PPRE) s’inscrit dans une démarche d’équipe à laquelle la famille est associée. Il consiste en un plan coordonné d’actions, conçues pour répondre aux difficultés de l’élève, formalisé dans un document qui en précise les objectifs, les modalités, les échéances ainsi que les modes d’évaluation. Ce dispositif doit permettre à l’élève HPI, au terme de quelques semaines d’engagement, de mesurer la réalité des progrès accomplis et de l’écart mobilisateur entre une situation de départ et une situation d’arrivée. Un accompagnement spécialisé s’organisant autour de trois activités principales que sont le soutien, l’approfondissement et l’aide à l’orientation peut être également envisagé pour les élèves HPI. Enfin, un accompagnement éducatif peut être proposé à l’enfant HPI, pour l’aider à faire ses devoirs et à donner du sens à "apprendre ses leçons", approfondir des apprentissages en lui apportant l’aide et les outils nécessaires au développement de son autonomie. Ces textes prévoient également la possibilité de la mise en place d’adaptations pédagogiques spécifiques telles que l’adaptation des contenus de l’enseignement, l’adaptation des méthodes pédagogiques, un travail sur la méthodologie et l’organisation, et/ou l’optimisation de la socialisation. L’accélération de la scolarité (saut de classe) peut aussi être envisagée en fonction du rythme d’apprentissage de l’élève. Les Services d’Assistance Pédagogique A Domicile (SAPAD) sont des dispositifs départementaux de l’Éducation nationale destinés à fournir aux enfants et adolescents atteints de troubles de la santé ou accidentés une prise en charge pédagogique au domicile. Ils sont prévus par la Circulaire n° 98-151 du 17-7-1998. Ils peuvent être mis en place pour les enfants HPI par les enseignants de l'éducation nationale de la classe ou de l'établissement scolaire où est inscrit l'élève dans le cadre d’un projet d'accueil individualisé définissant les adaptations apportées à la scolarité de l'élève. Il indiquera notamment les aménagements d'horaires, les dispenses de certaines activités pédagogiques incompatibles avec la santé de l'enfant et les activités de substitution qui seront proposées.



Cette prise en charge des élèves HPI au sein de l’établissement scolaire prévoit l’implication de différents intervenants. Le psychologue scolaire procédera à un examen psychologique destiné à mettre en évidence les particularités cognitives, socio- émotionnelles, comportementales et de personnalité de l’enfant ou de l’adolescent en difficulté ou en demande. Le médecin de l’éducation nationale, en lien avec le psychologue scolaire, accompagnera les parents et l’équipe éducative vers une meilleure compréhension du comportement de l’élève et donc une meilleure acceptation de celui-ci dans la classe. L’infirmière scolaire permettra de porter à l’élève en difficulté une attention particulière en lien avec les enseignants, les conseillers principaux d'éducation, les conseillers d'orientation psychologues, les assistant(e)s de service social et les médecins, chacun dans son champ de compétence. Un référent HPI est nommé dans chaque académie par le recteur. Il s’agit d’un professionnel ressource pour les parents et la communauté éducative. Son rôle est de mobiliser les compétences et les équipes engagées dans la prise en charge des élèves HPI. Il s'agit de repérer à la fois les formateurs et, éventuellement, les chercheurs, déjà intéressés par ce thème, les expériences conduites dans l'académie, les éventuels correspondants départementaux désignés par les directeurs académiques, les enseignants ou personnels d'inspection et de direction sensibilisés à la situation des élèves HPI. La priorité est de fédérer ce réseau en suscitant des échanges, et cela à travers une action permettant de constituer une équipe de formateurs.


En réalité, le degré de sensibilisation des établissements scolaires aux difficultés rencontrées par les jeunes HPI est très variable, le référent académique est souvent très peu disponible et la mise en place des options prévues par l’Education Nationale relève souvent du parcours du combattant.






  

Il est illusoire de vouloir strictement catégoriser les jeunes HPI dont la globalité de l’être devra être prise en considération. Cependant il est intéressant de souligner que des tendances comportementales ont été observées, même si les limites entre ces dernières ne sont pas toujours bien définies. Ainsi, dans les années 80, deux spécialistes américains, Georges Betts (enseignant spécialisé à l'Université du Colorado & président de la National Association of Gifted Children) et Maureen Neihart (docteur en psychologie), ont dégagé 6 grands profils d'élèves HPI, suite à plusieurs années d'étude et d'observations sur leurs performances scolaires, certains aspects de leurs apprentissages et les traits de leurs personnalités (Betts et Neihart, 1988).


  

Position de l'Education Nationale sur la scolarité des jeunes HPI

  

CONTACT


Véronique Privat


2 rue Jean Rostand - 91400 Orsay

Tel: 06 23 55 41 72

veronique.privat@coaching-scolaire-hpi.fr

INFORMATIONS PRATIQUES


Entretien préliminaire sur RDV


Coaching en face à face, par téléphone ou par Skype


Bureau à Orsay (91400)